Manager: Savoir s’installer dans un Nouveau Poste

 

L’arrivée pour un manager au sein d’une nouvelle organisation est toujours délicate pour plusieurs raisons.

Souvent, il n’a eu qu’un vernis de la situation réelle à laquelle il va être confronté. Il va avoir affaire au passif de son prédécesseur. Il doit mettre en œuvre ce que sa direction attends de lui au plus vite. Tout cela dans le climat incertain de sa période d’essai renouvelable. Restons méthodiques pour ne pas frôler le Burn-out d’entrée

Avant toutes décisions, les premiers contacts avec ses collaborateurs sont importants. Ils se doivent donc d’être précis et clairs mais aussi empreint de bienveillance et de neutralité.

Même si l’on prône ouvertement une certaine continuité, le changement est présent du seul fait son arrivée, et il a été embauché pour cela.

Avant de commencer tout changement il est donc primordial de savoir , connaître, maîtriser son environnement, car manager ce n’est pas apporter des réponses mais bien de prendre des décisions. Et pour cela , il faut en maîtriser les tenants et les aboutissants.

 

De fortes attentes

Clairement à la prise de poste, un manager possède une crédibilité proche de Zéro, si il a un passif chez un concurrent peut être peut il espérer partir d’un peu plus haut avec ce savoir « technique », et encore !

L’humilité est donc de mise pour faciliter son acceptation dans ce nouvel environnement.

Vous êtes clairement en phase de tests. Plus il y aura eu de prédécesseurs à votre poste, plus votre crédibilité partira des grands fonds. « allez encore un nouveau , on pari combien qu’il ne tient pas 6 mois… « 

La reprise d’une équipe sous entends aussi, des attentes fortes grandes de la part de certains de ses collaborateurs. Attentes, mêlées parfois à un passif ou contentieux avec la direction encore en place . Vous l’Homme/Femme providentiel(le) devrez donc combler ces attentes , nourrir cet espoir si vous ne souhaitez pas rapidement devenir l’image de votre illustre prédécesseur.

Une solution, la neutralité et la collégialité. Délicat pour vous de prendre des décisions, dès votre arrivée, Non!. Profitez de cet état de grâce pour amener de suite un management collaboratif. Le rôle d’un manager est bien de faire éclore les idées, émettre des hypothèses et au final de trancher. Et souvent l’évidence permet de faciliter l’acceptation, la décision par consensus viendra du groupe.

 

« Ne pas tomber dans le piège de vouloir tout résoudre. »

 

Les grandes étapes à ne pas rater

voici les quelques étapes me semblant nécessaires et incontournables :

 

La réunion d’entrée ou de présentation

 

La réunion de présentation, doit démontrer votre enthousiasme à prendre ce poste. Votre envie de bien faire et votre intérêt pour le changement . C’est à ce moment que vous devrez faire comprendre que vous n’êtes pas là par hasard, mais aussi ce que l’on attends de vous ( de part et d’autres) . N’hésitez pas à vous présenter tel que vous êtes , c’est-à-dire un être Humain, avec une famille, un chemin professionnel, … . Exit la récitation de votre CV, vos collaborateurs vous ont déjà tous googlisé. Sortez du cadre !!

 

Une présence forte sur le terrain

Incontournable à plusieurs chefs. Vous devez vous emparez du fonctionnement de votre nouvelle unité, de votre nouveau service. Comment mieux comprendre que le faire et assister vos collaborateurs dans leurs taches quotidiennes. Cela ne veut pas dire vouloir tout maîtriser, mais bien comprendre les « inputs_outputs » de chacun.La réalité du terrain est souvent éloignée des jolis modes opératoires et autres livrets qualité. Pour vos collaborateurs, le fait de s’intéresser à leur travail est aussi une grande marque d’intérêt . Si parfois, le « on a pas le temps » prends le dessus, c’est une erreur grossière, vous n’aurez pas de meilleure occasion qu’à votre arrivée. Avant le balai incessant des réunions et des problèmes en tout genre.

 

« Traiter les ressentiments avant tout autre sujet. »

 

Des réunions régulières.

Privilégier les Animations à Intervalle Court ( AIC ). Ces réunions vous permettrons rapidement de prendre connaissances des « problèmes » rencontrés par vos collaborateurs et donc de ne pas perdre de temps. Ces réunions, vous permettront aussi de restituer votre vision de la situation et sur les problématiques rencontrées. Créer le dialogue nécessaire. Attention à ce que cela ne soit pas un déchargement de problématique et que vous ne repartiez qu’avec un sac de problèmes. Le tsunami des problèmes ne doit pas vous submerger.

Devant une situation complexe et multiples, utilisez la résolution de problèmes en mode participatif et la boite à idées . Cela vous permettra d’impliquer vos collaborateurs, de quantifier et de prioriser vos actions.

Ces réunions doivent être plus que régulières, elles doivent être cadencée par un échéancier précis ( tous les X ). Pas d’excuses, peu importe les événements elles doivent avoir lieu. Ne commençons pas par donner une image de « on commence quelque chose, et on ne va pas au bout ». Cela donnerai un signal contraire à votre démarche.

En cas d’empêchement, re-planifier ou reporter cette réunion manquée, mais on ne l’annule pas. Si vous avez un encadrement intermédiaire, qu’il prenne votre relais, cela sera dans tous les cas bientôt de sa responsabilité de tenir de telle réunion.

 

Des entretiens individuels.

On ne parle pas des entretiens professionnels, mais bien d’entretien en tête à tête. ils vont vous permettre de ressentir le climat social. Si vous maîtrisez les évaluations des risques psychosociaux, cela restera un des meilleurs outils d’évaluation.

Si vos équipes sont grandes, sélectionner les postes clés et les  » teigneux » comme je les nomme. Ce sont ces collaborateurs que l’ont dit « difficiles », ils sont pour moi, la meilleure source de vérité sur la situation. Et pour eux, c’est aussi un signal fort sur le fait que vous n’allez pas les mettre de coté, comme souvent ils en ont le sentiment voire s’en complaise.

 

Dévoiler vos objectifs et plan d’action.

Il est clair qu’une fois, que la situation est connue, il vous faudra aussi dévoiler vos objectifs en lien avec la stratégie de l’entreprise.

Pour cela, la clarté et la franchise sont vos seules armes. même si la situation s’avère délicate .

Appliquez vous à donner les objectifs, le cap. Le pourquoi avant le comment, sans négliger, la méthode et le timing qui sont aussi important.

 

La prise de poste n’est donc pas aisée pour tout manager . Agir en bienveillance et humilité semble une des meilleures solutions.

Ne brûler pas les étapes, même si la mission en difficile, sachez ou vous mettez les pieds. Ne confondez pas vitesse et précipitation.

 

« Rappelez vous que nous avons tous été un jour le Petit Nouveau. »

 

On retiendra:

  • Débuter avec humilité et bienveillance.
  • Votre crédibilité est proche de zéro, à vous de la faire grandir.
  • Une évaluation des risques psychosociaux est une bonne initiative.
  • Sachez prendre le recul nécessaire sur la situation pour ne pas frôler le burn-out d’entrée.
  • Traiter les ressentiments avant tout autre objet.

Restez humble, bienveillant et méthodique.

j.Keire

theos.fr

 

Pour aller plus loin:

 

La Qualité de Vie au Travail et la performance de l’entreprise

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