Water Spider : réduire la variabilité

water spider

Un des objectifs du Lean est de réduire la variabilité et on dit souvent de tendre vers un flux qui ressemble à l’écoulement d’une rivière sans rochers.

Tout cela c’est beau dans la théorie, mais pour que la synchronisation soit parfaite, il va falloir, parfois, introduire dans le système un élément variable qui peut être : le Water Spider

Le Water spider est un terme qui fait référence à une personne/fonction spécifique dont la tâche principale est de s’assurer que les matériels, les consommables, les produits en cours sont délivrés et prêt là où ils sont nécessaires. Il offre un peu plus de souplesse et quelques avantages supplémentaires s’il est bien mis en œuvre. La raison d’être d’un tel poste est de permettre au reste du flux d’être quand a lui plus stable. Cela ressemble très fortement à un poste de réapprovisionnement, mais cela va au-delà.

Par exemple, le transport qui est un gaspillage peut alors être concentré sur un seul et unique poste et ainsi être optimisé. Beaucoup d’information viennent du terrain ( Gemba), le Water spider est au cœur des perturbations.

Rôle et principaux avantages

Comme nous l’avons vu, ce rôle permet de ne pas polluer le flux par un gaspillage qui se diffuserait sur plusieurs postes et donc serait bien plus difficile à maîtriser.
Les collaborateurs sont alors plus efficaces pour apporter de la valeur ajoutée et cela rend le processus de plus en plus Lean. En termes simples, cela rend le travail de chacun plus valorisant et donc plus facile à standardiser et à optimiser. Un exemple concret tous les acteurs autour d’un chirurgien dans une salle d’opération. Tous ont un rôle de près ou de loin de Water spider pour maximiser la valeur ajoutée.

Ne pas négliger le recrutement

Bien que certains managers font le choix de la jeunesse sur ce type de poste, c’est une erreur et ce n’est en aucun cas une bonne idée. Pour qu’un Water spider puisse vraiment stimuler la productivité, il doit avoir une compréhension pratique de l’ensemble du processus et être capable de lire tout le flux et le process. Vision qu’il est difficile à acquérir au premier regard et qui demande donc de l’expérience et une grande dose de communication.

De plus, le travail du Water spider est très sensible au facteur temps, et devrait être capable de garder le rythme tout au long de la journée de travail. Si le Water spider est en sous-performance, il peut mettre tout le processus en danger en introduisant des blocages, des pénuries et des problèmes en cascades, sans parler de la pression sur tous les autres collaborateurs (ses clients internes) .

Le fonctionnement

Le Water spider devrait avoir un ensemble de tâches claires, décrites, dans son processus. Si standard, il doit y avoir, c’est bien à ce poste, car la synchronisation, la flexibilité et la réactivité sont les maîtres mots de la fonction. Le poste comprend, aussi, une certaine forme de supervision. Un Water spider doit donc fournir les matières et les pièces, transporter les produits finis loin de la zone de travail, enlever les déchets, mettre à jour les tableaux d’état, déplacer les cartes Kanban, faire du kitting, des sous ensembles, ou même garder un œil attentif sur les nouveaux collaborateurs.

Les pièges possibles

Comme la notion de temps est un facteur important et sensible . Le timing du moment doit faire partie de leur standardisation. L’écueil serait de trop normalisé et donc de faire des passages à vide. Pour cela, ajouter un peut de Kanban ou d’Andon. Car le transport reste toujours un gaspillage, même s’il est concentré sur un seul et unique poste.

Autre écueil, tenter de régler cette fonction comme une horloge, et on se retrouve avec la notion de  » petit train » un peu plus connu. Mais si les systèmes sont différents, c’est que les attentes ne sont pas les mêmes. N’oubliez pas qu’ils essaient d’optimiser le système, et non leur propre temps, ce qui entraînera naturellement une certaine inefficacité.

Les managers peuvent parfois considérer les Water spiders comme des auxiliaires, ou fonction « logistique », … et, par conséquent, comme une priorité secondaire. Cela pourrait conduire à leur donner du travail plus « productif » et très rapidement nuire à leur fonction de base. Et donc mettre en danger un flux tout entier. Les Water spider sont des yeux et des oreilles précieux qu’il faut préserver.

Le water spider est donc une fonction intéressante, lorsque l’on veut tendre à réduire la variabilité d’un processus afin de concentrer toute cette variabilité sur un seul poste. Son rôle est central et il fait partie intégrante des équipes « à valeur ajoutées ».

A retenir:

  • La fonction Water spider est une fonction limitant de la variabilité.
  • Sa mise en place est efficace, mais demande de la rigueur.
  • Il faut savoir perdre un peu de performance pour en gagner sur l’ensemble.
  • Il ne faut pas négliger la fonction de communication du Water spider.

Restons en mouvement, souple comme une araignée, mais méthodique.

J. Keire
theos.fr

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