Le Lean est-ce nécessaire ?

lean est ce necessaire

Le Lean est-ce nécéssaire ???

Et si on regardait comment était née le besoin de faire de l’amélioration continue ou du Lean.

Pendant les années que l’on nomme les « trente glorieuses » le seul problème des entreprises était de pourvoir, toujours produire plus, pour satisfaire une demande qui semblait infinie à cette époque. Les entreprises ne proposait, souvent, qu’un seul produit ou avec une faible diversité. Un seul service, le sur-mesure et la personnalisation était une exception.

Dans ce contexte les organisations Taylorienne et le morçelage des tâches étaient fortement recommandées pour répondre à ces nécessités. Pour améliorer la productivité et faire en sorte que n’importe qui puisse travailler sur n’importe quel poste, des experts, définissaient la meilleure façon de faire pour les collaborateurs.

Si par malheur, un collaborateur était confronté à un problème, alors il devait s’en référer à son responsable hiérarchique. Celui-ci donnait les instructions à suivre. Dans cette organisation, il n’y avait pas de place pour l’improvisation, et on se trouvait bien loin de la culture de management collaborative. Nous trouvons aussi à cette époque , l’avènement des système qualités, tout puissants, sclérosants plus les entreprises que ne les poussant vers l’agilité. Qui ne se souvient pas du diktat du papier  » contrôlé-géré « , non imprimable, non photo-copiable, non duplicable. Tout ceci avec pour excuses suprême d’avoir le bon modes opératoires, la dernière version au poste de travail… .

Chacun devait s’assurer de maîtriser son métier/son poste de travail, de bien apprendre, comprendre les procédures et aux contrôleurs de contrôler leur bonne mise en œuvre. Au niveau des collaborateurs, on s’attachai, donc a bien respecter ces procédures, dicté par les sachants.

Mais au fil des années les entreprises se sont complexifiées, la concurrence développée. La demande des clients a baissé et les produits uniques ont laissés place à des offres de plus en plus élaborées.

Face à un tel changement de son environnement, les entreprises ont dues se réorganiser différemment, pour gagner en agilité et répondre rapidement aux fluctuations du marché. Elles ont dues également adopter de nouveaux comportements managériaux pour améliorer la qualité de leurs produits et services. Cela dans un contexte où la rentabilité de l’activité reste au cœur de l’activité et où l’hyper financiarisation pousse pas toujours vers de très bons chemins.

Dans cette nouvelle organisation, il n’y a plus d’experts pour penser et des collaborateurs fragiles pour faire. Terminé, les sachants et les exécutants, car les vrais sachants dans un monde complexe sont bien ceux qui font.

Tous les collaborateurs sont donc considérés comme étant les experts de leur poste de travail et de leur environnement. Ce sont donc eux qui sont les mieux placés pour proposer des idées d’amélioration . La polyvalence est privilégiée pour favoriser la flexibilité des ressources et l’adaptation à cette nouvelle demande. Entendre par « flexibilisation » comme une réelle montée en compétence et pas comme une variable d’ajustement, bien sur.

L’enrichissement des tâches et la formation dans cette organisation est primordiale. Nous travaillons sur des projets transverses avec des équipes pluridisciplinaires pour améliorer la performance globale . Dans cette organisation la productivité n’est pas une fin en soi, si on a compris la théorie des contraintes bien sur . La performance économique découle du travail en flux tirés qui permet à l’entreprise de répondre aux besoins du client sans générer de stocks inutiles. Dans cette organisation, nous ne cherchons pas à travailler plus vite, mais à travailler mieux. Et surtout être en capacité de s’adapter rapidement à de nouveaux contextes. Le monde en perpétuel changement et cela de façon de plus en plus rapide, oblige à une réponse de même niveau, si l’on ne veut pas tomber voire, disparaître. Les nouveaux entrants sont souvent sur-capitaliser, sans tabous réglementaires ( les états étant toujours en retard législatif). pendant ce temps les dégâts sur ce que l’on appel le vieux monde fait des ravages humaines et sociaux énorme sur des nations entières.

Face à cela, des solutions existent, pour cela nous préférons faire de la qualité plutôt que de la contrôler. Dans cette organisation, le manager n’est plus un responsable hiérarchique qui vient vérifier le travail de ses collaborateurs ou distribue les bons points et les mauvais points. Le manager est un soutien au service de son équipe pour l’aider à résoudre les problèmes rencontrés. Il se doit d’être un animateur de tous les instants, un « pousseur » . Pour cela il est sur le terrain au quotidien et doit faire preuve d’exemplarité sur les comportements à adopter à tous les niveaux . Il est aussi celui qui doit à la fois, faire passer les visions stratégiques de l’entreprise et insuffler l’innovation au quotidien. Le manager est aussi le garant du respect de l’esprit Lean comme l’idée que l’amélioration est infinie et commence chez soi et maintenant.

Le Lean est donc une clé pour le future, comment affronter des challenges dont nous n’avons qu’une idée assez restreinte ( vague numérique, intelligence artificielle, raréfaction des ressources, … ) si nous ne sommes déjà pas en performance aujourd’hui. Pas en capacité de réagir en des temps suffisant à une nouvelle concurrence, une nouvelle technologie, ou simplement une nouvelle norme… . La formation permanente devrait nous permettre de nous adapter, afin de nous aider à pouvoir changer de travail ou d’entreprise plus facilement dans le futur, mais la formation de changera pas notre savoir être.Le  Lean est avant tout culturelle. C’est cette culture de l’amélioration continue et infinie qui doit nous pousser au quotidien. Comment faire autrement dans un monde ou même les grands groupes ne sont plus en mesure de se fixer des objectifs à cinq ans, ou nos managers sont du mal à traduire la stratégie d’entreprise en objectifs individualisés ou de services clairs ??? .

La clé : améliorons, simplifions, facilitons, … Linéarisons tout ce que l’on peut pour être prêt.

En synthèse, l’amélioration continue ou le Lean sort l’entreprise de son organisation en silo pour apporter une vision globale de la chaîne de valeur qui lui permettra de s’orienter sur les bons leviers d’actions. Plutôt que de conserver le pouvoir de décision dans les hiérarchiques, si une entreprise ne considère pas les collaborateurs comme une simple ressource, mais au contraire, remet l’Homme au cœur de son organisation, elle pourra élever sa performance/compétence, son agilité .Elle s’appuiera pour cela,sur ses managers pour entraîner les collaborateurs, développer leur autonomie en résolution de problèmes et l’amélioration continue. Construire enfin dans cette organisation la transparence et la bienveillance qui conduisent l’entreprise sur le chemin de la performance par la satisfaction des collaborateurs, des clients puis des actionnaires et pas dans le sens inverse.

 

On retiendra:

  • Les trente glorieuses et le taylorisme sont très loin derrière nous
  • Notre avenir est incertain, imprévisible et changeant
  • L’agilité, la formation et notre savoir-être restent parmi nos meilleures armes individuelles et collectives
  • Le management sera toujours d’actualité et toujours en pleine mutation
  • Satisfaisons nos collaborateurs, nos clients, nos actionnaires et dans cet ordre.

Restons vigilant, en amélioration continue et en perpétuel mouvement.

J. Keire

theos.fr

Pour aller plus loin:

 

Mudas
les 7 gaspillages ou muda selon le lean manufacturing

résistance changements
Changer mais pourquoi: la résistance au changement

Fermer